Les indices boursiers nord-américains ont progressé en mai, le NASDAQ affichant notamment une belle performance grâce à la résilience des entreprises technologiques. Les actions ont gagné du terrain, soutenues par des données modérées sur l’inflation aux États-Unis et par la perception croissante que l’administration Trump ne mettra pas à exécution ses menaces tarifaires les plus sévères à l’échelle mondiale, après avoir annoncé puis annulé en mai d’importants tarifs douaniers visant la Chine et l’Union européenne. Au Canada, les actions ont également affiché de solides gains, l’indice composé S&P/TSX enregistrant sa meilleure performance mensuelle depuis novembre.
Cependant, les marchés des titres à revenu fixe ont fait preuve d’une plus grande prudence. Le taux de rendement des obligations américaines à 10 ans a terminé le mois en hausse, tandis que celui des obligations à 30 ans a atteint 5 % au cours de la deuxième moitié du mois de mai, avant de reculer à 4,9 % à la fin du mois. À titre de comparaison, le taux de rendement des obligations à 30 ans était légèrement inférieur à 4 % à la mi-septembre 2024. Les taux de rendement des obligations augmentent à mesure que les prix baissent. Au 30 mai, l’indice S&P 500 était légèrement repassé en territoire positif pour l’exercice. Le Dow et le Nasdaq ont terminé le mois pratiquement inchangé depuis le début de l’exercice, mais l’indice composé S&P/TSX reste solidement en tête en 2025 et continue de surpasser les indices boursiers américains sur une base mobile d’un an. L’or a reculé au cours du mois après avoir atteint un sommet record au début du mois de mai.
L’indice composé S&P/TSX a terminé le mois en hausse de 5,56 %, l’indice S&P 500 a progressé de 6,25 %, l’indice Nasdaq a grimpé de 9,65 %, l’indice MSCI Monde a progressé de 5,93 % et l’indice MSCI EAEO a augmenté de 4,66 %. L’indice des obligations universelles FTSE Canada a augmenté de 0,02 %.
Développements sur le marché au cours du mois
· Les données sur l’emploi au Canada pour le mois d’avril, publiées en mai, ont indiqué que le marché du travail restait morose, avec seulement 7 400 emplois créés. Ce gain est principalement attribuable au secteur public, l’emploi dans le secteur privé ayant reculé pour un deuxième mois consécutif. Les pertes d’emplois ont été généralisées, reflétant les impacts des tarifs douaniers, en particulier dans le secteur manufacturier, qui a perdu 30 600 emplois. Il s’agit de la plus forte baisse depuis avril 2020, et le taux de chômage global a grimpé à 6,9 %.
· Selon Statistique Canada, l’inflation canadienne a ralenti à 1,7 % en avril, en glissement annuel, contre 2,3 % en mars. Ce recul s’explique en partie par la suppression de la taxe carbone et la baisse des prix de l’énergie, les prix mondiaux du pétrole ayant chuté en raison d’une demande plus faible et d’une offre excédentaire. Les prix de l’essence et du gaz naturel ont tous deux diminué en avril. Cependant, les pressions inflationnistes sous-jacentes ont augmenté, les mesures de l’IPC tronqué et médian de la Banque du Canada (BdC) ayant progressé en moyenne de 3,1 %
en glissement annuel, soit la plus forte hausse depuis mars 2024. L’impact des tarifs douaniers a fait grimper les prix des aliments et des véhicules.
· Selon Statistique Canada, les données sur les ventes au détail publiées en mai ont affiché une légère hausse de 0,8 %, avec une augmentation des ventes dans six des neuf sous-secteurs. L’activité a été la plus forte chez les concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces détachées. Les ventes au détail de base, à l’exclusion de l’essence, des concessionnaires de véhicules automobiles et de pièces détachées, ont augmenté de 0,2 % en mars. Les ventes au détail ont augmenté de 1,2 % au premier trimestre de 2025, ce qui représente une quatrième hausse trimestrielle consécutive.
· Les estimations préliminaires de Statistique Canada pour les ventes au détail en avril indiquaient une hausse de 0,5 %, mais les données seront révisées à une date ultérieure.
· Les données du PIB du premier trimestre ont révélé une hausse annualisée de 2,2 %, supérieure aux prévisions et en légère augmentation par rapport aux 2,1 % enregistrés au quatrième trimestre de 2024. Les estimations précédentes tablaient sur une croissance comprise entre 1,5 % et 1,7 % au premier trimestre. Statistique Canada a attribué cette meilleure performance à une intensification des activités chez les importateurs et les exportateurs, qui cherchent à éviter les répercussions des tarifs douaniers.
· Aux États-Unis, les nouvelles concernant l’avancement des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ont stimulé les actions américaines en mai. Parmi les principaux éléments, citons une réduction des tarifs douaniers pendant 90 jours, les États-Unis réduisant leurs tarifs supplémentaires sur les importations chinoises de 145 % à 30 %, tandis que la Chine a abaissé les siens de 125 % à 10 %. Cependant, à la fin du mois, M. Trump a accusé la Chine d’avoir violé certains aspects de la trêve.
· Les solides résultats des entreprises américaines au premier trimestre ont également contribué à renforcer l’optimisme pour les actions. Selon FactSet, les bénéfices des entreprises du S&P 500 devraient avoir augmenté d’environ 13 % au premier trimestre par rapport à l’année précédente. Fin mars, les analystes prévoyaient encore une croissance des bénéfices de 7 %.
· En revanche, l’augmentation du niveau de la dette américaine et des coûts liés au paiement des intérêts ont été cités comme les principales raisons pour lesquelles l’agence de notation mondiale Moody’s a retiré la note AAA à la dette américaine en milieu de mois. La demande moins soutenue que prévu pour les titres du Trésor américain lors de l’adjudication du 21 mai a accentué les inquiétudes.
· Plus tôt dans le mois, le département du Travail des États-Unis a annoncé la création surprenante de 177 000 emplois en avril, tandis que le taux de chômage demeurait stable à 4,2 %, le marché du travail ayant fait preuve de résilience malgré les turbulences commerciales.
· Cependant, les données ultérieures du département du Travail ont laissé entrevoir un ralentissement en mai. Pour la semaine se terminant le 24 mai, 240 000 nouvelles demandes d’allocations chômage ont été déposées, contre 226 000 la semaine précédente. Le nombre de demandes d’allocations chômage en cours, qui est un indicateur du chômage global, a grimpé à 1,92 million au cours de la semaine qui s’est terminée le 17 mai. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 1,89 millions enregistrés la semaine précédente et représente le niveau le plus élevé depuis 2021.
· Les données sur les ventes au détail aux États-Unis pour le mois d’avril ont laissé entrevoir un ralentissement de l’activité des consommateurs. Une baisse des dépenses a été observée dans les secteurs de l’automobile, des articles de sport et d’autres catégories de biens sensibles à la hausse des tarifs douaniers.
· Selon le Bureau of Labor Statistics, le taux d’inflation annuel aux États-Unis s’est établi à 2,3 % en avril, en baisse par rapport aux 2,4 % enregistrés en mars. L’indice pour tous les articles hors alimentation et énergie a augmenté de 0,2 % en avril, soit une hausse de 2,8 % au cours de l’année.
· La Réserve fédérale américaine a maintenu le taux des fonds fédéraux inchangé entre 4,25 % et 4,50 %, soulignant une incertitude économique accrue. Le président Powell a fait preuve de prudence et a déclaré que la Fed attendait davantage de clarté avant de décider de toute nouvelle mesure concernant les taux.
· Au premier trimestre, le PIB de la zone euro a augmenté de 0,4 % en glissement trimestriel, dépassant les prévisions.
· Plus tard en mai, M. Trump a menacé l’Union européenne d’imposer des tarifs douaniers de 50 % sur tous les produits européens, exacerbant les tensions commerciales et déclenchant une volatilité sur le marché. Cependant, il a rapidement reporté la mesure proposée au 9 juillet, à mesure que les négociations commerciales générales avec l’UE se poursuivent. Les actions européennes se sont redressées à l’annonce de cette nouvelle.
· Le PIB du Royaume-Uni a augmenté de 0,7 % au premier trimestre, en glissement trimestriel, grâce à la solidité des ventes au détail, des achats automobiles et de l’activité technologique.
· Un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni annoncé début mai a été suivi, plus tard dans le mois, par un accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne visant à relancer les échanges commerciaux freinés par le Brexit.
· Les données sur l’inflation globale au Royaume-Uni pour le mois d’avril ont augmenté à 3,5 % en rythme annualisé, alimentées par les hausses attendues des prix des services publics et des transports ferroviaires, ainsi que des taux d’imposition locaux. Les tarifs aériens ont augmenté plus que prévu.
· La Banque d’Angleterre a abaissé son taux directeur de 4,50 % à 4,25 % lors de sa réunion de mai, mais les attentes d’une nouvelle réduction en juin se sont estompées.
· Les données économiques de la Chine pour le mois d’avril indiquent que les exportations se sont maintenues malgré les tensions commerciales avec les États-Unis, grâce à la réorientation du commerce mondial. Mais les chiffres des ventes au détail ont été inférieurs aux attentes et l’immobilier a continué de peser sur les résultats, les prix enregistrant leur plus forte baisse depuis novembre.
· La croissance globale du PIB chinois au deuxième trimestre s’établit en glissement trimestriel à 2,4 % en rythme annualisé, bien en deçà de l’objectif officiel de 5 % fixé par le gouvernement. La banque centrale chinoise a abaissé ses taux au cours du mois.
· L’économie japonaise s’est contractée de 0,7 % au premier trimestre, en raison de la faiblesse des exportations et de la morosité de l’activité des consommateurs. Les pressions inflationnistes sont toutefois restées fortes, l’indice de base (hors produits alimentaires frais) ayant bondi de 3,5 % en avril, en rythme annualisé, soit sa progression la plus rapide depuis plus de deux ans. Les données médiocres du PIB et l’inflation augmentent les risques potentiels de stagflation et compliquent les perspectives de la Banque du Japon.
· La banque centrale de l’Australie a abaissé son taux directeur à 3,85 %, signalant un changement d’orientation, passant de l’inflation aux risques de ralentissement de la croissance, alors qu’elle a revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB à 2,1 % pour 2025 et prévoit une inflation oscillante entre 2 et 3 %.
Comment cela affecte-t-il mes placements?
Les marchés des actions ont affiché une solide performance en mai, une évolution accueillie favorablement par les investisseurs après plusieurs périodes de volatilité en début d’année. Les résultats des banques canadiennes pour le premier trimestre, publiés en mai, ont été mitigés, tantôt supérieurs, tantôt inférieurs aux attentes, mais l’augmentation des provisions pour pertes sur prêts a constitué un thème commun et le taux de chômage au Canada continue d’augmenter. La déclaration de M. Trump à la fin du mois, selon laquelle il entendait doubler les tarifs douaniers sur les importations d’acier et d’aluminium, souligne une fois de plus que l’incertitude demeure un facteur majeur, alors que la Chine (principale cible des mesures américaines) ne montre guère de volonté de à désamorcer les tensions. Toutefois, lors de la dernière semaine de mai, la Cour américaine du commerce international a statué que le recours à l’International Emergency Economic Powers Act par l’administration Trump pour imposer des tarifs douaniers généralisés a été illégal. Le gouvernement américain a immédiatement fait appel, et une cour d’appel fédérale a rapidement accordé une suspension temporaire, permettant aux États-Unis de continuer à percevoir les tarifs douaniers pendant la durée des procédures judiciaires. Toutefois, cette bataille juridique pourrait s’avérer déterminante. Une autre question importante surveillée par les marchés, en particulier ceux des titres à revenu fixe, est le projet de loi budgétaire américain controversé et adopté à une voix près par la Chambre des représentants en mai et qui est actuellement examiné par le Sénat. Le projet de loi, tel qu’il est actuellement rédigé, augmentera considérablement la dette et le déficit des États-Unis et suscite une certaine inquiétude sur les marchés obligataires. Bien que les actions canadiennes continuent de surpasser leurs homologues américaines depuis le début de l’exercice et sur une base mobile d’un an, l’évolution des questions commerciales avec les États-Unis restera d’une importance cruciale pour notre économie jusqu’en 2025 et au-delà.
N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou des idées sur votre stratégie d’investissement actuelle.
Sincères salutations,
Cynthia Laventure
Conseillère en sécurité financière
Représentante en épargne collective rattachée à Mérici Services Financiers inc
Remarques:
Tous les rendements d’indices sont exprimés en dollars canadiens.
Les renseignements contenus dans la présente lettre proviennent de diverses sources, notamment le Wall Street Journal, Statistique Canada, Reuters, le Globe and Mail, MSN, BNN Blooomberg, le Financial Post, le Financial Times, Factset Insight, CBC, le New York Times et le Bureau of Labor Statistics des États-Unis, à différentes dates. Ce document est fourni à titre indicatif seulement et les informations